Dans les coulisses de Net Ecoute, la plateforme contre le cyberharcèlement

La Voix du Nord, le 20 novembre 2019 | 0 commentaire

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La plateforme téléphonique Net Ecoute, qui reçoit entre 15 et 20 000 appels par an, occupe un petit étage d’un immeuble parisien où agissent douze écoutants: un psychologue, des juristes et des « techniciens du web », qui ont entre 20 et 25 ans, salariés ou en stage d’étude. Des jeunes pour parler aux jeunes, « dans leur langue », aussi à l’aise qu’eux avec le numérique.

Partenaires de confiance

Grâce à une liaison privilégiée avec les réseaux sociaux depuis 2010, Net Ecoute vient soutenir tout signalement avéré de contenu illicite. Quand un enfant ou un adolescent appelle, il a déjà cerné le problème.

Une fausse page Facebook a été créée pour lui causer du tort, des images dégradantes ont été partagées, des discussions avec insultes et/ou incitations au suicide ont déversé leur flot de haine… « On se connecte avec lui. On l’aide à réunir des preuves avant de lui dire de bloquer les harceleurs », décrit Olivier, qui est tous les jours en contact avec les réseaux sociaux.

Immédiatement, il fait suivre toutes les informations à Facebook, Snapchat, Twitter (bientôt Instagram et WhatsApp) pour que, dans les heures qui suivent, les éléments disparaissent de la toile. « Je lui dis bien de ne pas interagir. De sortir de là, de se mettre à l’abri. »

« Si les ados veulent juste que ça s’arrête, les parents, eux, réclament des sanctions… »

Le cyber-harcèlement est « forcément frontal car c’est de l’écrit », explique Justice Atlan, la directrice générale de l’association e-Enfance. « C’est d’ailleurs par ces écrits que, souvent, les parents comprennent le niveau de violence et d’agressivité que cela représente. Si les ados veulent juste que ça s’arrête, les parents, eux, réclament des sanctions… Sauf qu’ils finiront souvent très déçus en bout de chaine… ».

Du coup, elle prône plutôt une meilleure prise en charge au niveau scolaire, des « interventions rapides auprès de l’auteur pour qu’il comprenne ce qu’il a fait et qu’il ne fasse pas d’autres victimes ». Aussi, un vrai travail auprès des « témoins », ceux qui n’auraient pas osé en rajouter « en vrai » mais qui « s’autorisent à liker, à partager… ».

 

Permanence téléphonique, gratuite et anonyme, du lundi au vendredi, de 9 heures à 20 heures, le samedi de 9 heures à 18 heures. Discussion également sur le site internet par chat et par Messenger.