Harcèlement scolaire : Nicola Sirkis se joint au combat

La Voix du Nord, le 11 octobre 2019 | 0 commentaire

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Par Laurent Decotte

Lors d’une rencontre avec des lecteurs de La Voix du Nord en marge de ses deux concerts au Stade Pierre-Mauroy, en juin, Nicola Sirkis avait répondu à une question sur College Boy, un clip-choc accompagnant une chanson d’Indochine sur le harcèlement scolaire. « Quand on s’est mis à réfléchir à un parrain, on a pensé à lui, mais tout en se disant qu’il était certainement trop occupé, raconte Benoît Deseure, rédacteur en chef adjoint pilote du projet. Quand on l’a contacté, il nous répondu oui tout de suite. Je veux m’engager. »

La rencontre a lieu mercredi. Il n’a pas été question de concerts, d’albums, de carrière mais exclusivement de harcèlement scolaire. Nicola Sirkis a écouté bien plus qu’il n’a parlé. Il a écouté les histoires et les initiatives de chacun et a souvent rebondi sur le mode de la conversation, sincèrement intéressé.

En ce qui le concerne, « je n’ai jamais subi, mais j’ai vu. » Nicola Sirkis n’a pas gardé de bons souvenirs de ses années de 6e et 5e en internat dans un collège jésuite depuis fermé à Estaimpuis, en Belgique, à deux pas de Roubaix.

Il est très sensible au sujet. Il confie être intervenu récemment dans le lycée de sa fille en banlieue parisienne. Il a parrainé le clip d’une association créée suite au suicide d’un adolescent harcelé en Rhône-Alpes.

Il est revenu sur College Boy dont le clip avait été réalisé par Xavier Dolan. « Il faisait partie des harceleurs, il a voulu évacué sa culpabilité. » Et il est en colère. « On a reçu beaucoup beaucoup de courriers, mais rien de l’Education Nationale. C’était trop violent ? Quand vous voyez ce que les jeunes regardent… On a perdu six ans, même si je ne sais pas si ça aurait pu changer quelque chose. »

« Ce que je retiens suite à cet échanges, c’est qu’il y a encore beaucoup de blocages, il y a une prise de conscience, mais ça n’évolue pas assez, c’est encore tabou. Ça bouge du côté des élèves, des journalistes, mais le combat continue pour que ça devienne une cause nationale. »

Pendant les séances photos, Nicola Sirkis, en combattant, a levé le point. A l’issue de l’échange « officiel », il s’est montré vraiment disponible avec toutes les personnes présentes pour des selfies, des autographes. « J’ai entendu des gens extrêmement touchants », nous confiera-t-il. Il n’a pas compté son temps, faisant même un crochet au pied de La Voix du Nord où des fans l’attendaient depuis plusieurs heures.

Il avait aussi un message aux jeunes harcelés, qui représenteraient 10% de la population scolaire: « Il faut aller dans son collège ou son lycée la tête haute. Les harceleurs sont des gens minables et ce n’est pas parce qu’ils sont nombreux qu’ils ont raison. » Au moment de dire au revoir: « J’espère que c’était enrichissant et que ça va porter ses fruits. » En tout cas, Nicola Sirkis est une voix forte.

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