La rédaction de Cambrai à la rencontre des lecteurs

le 3 mai 2019 | 0 commentaire

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Le choix de la rédaction

Ou encore, le contenu. Un contenu qui a été le centre de toutes les attentions ces dernières années à La Voix du Nord. Avec à l’arrivée une remise en cause profonde de celui-ci. Pour faire bref, la ligne claire depuis quelques années est la suivante: écrire pour nos lecteurs, pas pour nos interlocuteurs. On ne vous cachera pas que certains ont mal vécu la chose, il est même encore des élus qui nous en parlent. Mais passons. Car l’important, c’est que ce contenu, qui doit répondre aux attentes de nos lecteurs, semble le faire puisque les questions, mardi soir, n’ont pas été sur celui-ci mais plutôt sur qui décide de quoi, en ce qui concerne le choix de couvrir ou non, et l’importance donnée au sujet en termes de taille et de place dans le journal papier (sur le site internet, on parlera plutôt du moment de publication). S’il y a un chef pour trancher, il faut savoir qu’une édition se construit en équipe et que finalement, c’est le sujet lui-même qui dicte sa taille et sa place, s’il est concernant, un peu, beaucoup… Ce qui reste subjectif, il est vrai. La question qui est le plus revenue justement étant de savoir comment sait-on ce qui est lu, ou pas. Sur le net, les outils sont là, tout simplement, permettant notamment de voir que parfois, un titre, parce qu’il n’est pas bon, peut conduire le lecteur à passer à côté du sujet. Pour le papier, La Voix se repose sur un panel de lecteurs, sondé régulièrement. Sachant que c’est toujours l’actualité qui a le dernier mot.

La méthode de travail

Dans l’organisation générale, au quotidien, de votre quotidien, il y a le contenu et la méthode de travail. Les deux étant étroitement liés. « Comment un journaliste organise sa journée de travail? » « Qui décide de ce qui paraît dans le journal? » « Jusque quelle heure vous envoyez vos articles? »… Nous avons pu constater que les coulisses du journal suscitent toujours la curiosité. Et qu’elles sont souvent sujettes aux clichés. Non, les journalistes ne travaillent pas à la solde de tel politique ou de telle association! Non, nous ne touchons pas de pot-de-vin! Tout est question de communication, d’investigation, d’observation, d’écoute… et de réseau. Celui que nous avons tissé au fil de nos années d’exercice et celui, précieux, que sont nos correspondants locaux de presse. Nos yeux et nos oreilles sur le terrain. Votre journal vit et évolue 24 heures sur 24. Avec des journalistes sur le terrain, à leur ordinateur ou au téléphone, de jour comme de nuit. Un site web et une pagination qui bougent sans cesse avec l’actualité. Ce qui est calé le matin quand nous arrivons au bureau, souvent ne l’est plus une heure plus tard. Le journal est comme un ruisseau, sans cesse en mouvement, et nécessite souplesse et adaptabilité de toute une équipe. Il se construit en concertation, avec l’objectivité et la neutralité nécessaires au traitement d’une actualité qui ne ménage personne. Avec mesure et sans censure.

Les fake news

Qu’est-ce que c’est? En français, on les nomme « fausses informations », « fausses nouvelles », ou « infox ». Il s’agit simplement de mensonge. Souvent, la fake news est lancée dans le but de manipuler l’opinion, de semer le doute autour d’une véritable information. Si cette pratique a toujours existé, à l’ère du numérique, elle est problématique car se propage très rapidement via les réseaux sociaux. Nos journalistes ont partagé avec les participants quelques astuces pour les reconnaître, exemples à l’appui.

D’abord, il faut vérifier la source: qui a publié cette « info »? Les médias traditionnels vérifient les faits avant de les diffuser. Par contre, un auteur inconnu peut vous mettre la puce à l’oreille. Prenez garde aux sites parodiques, comme Legorafi.fr ou Nordpresse.be. Ils publient des canulars, parfois crédibles, certes, mais toujours faux. Regardez également la date de publication: une information partagée plusieurs mois ou années plus tard n’est plus forcément vraie à l’instant T. La multiplication de fautes d’orthographe peut aussi être un indice. Enfin, sachez qu’une image n’est pas une preuve en soi, elle peut avoir été sortie de son contexte. Pour le savoir, il suffit de l’enregistrer sur son ordinateur, de la faire glisser dans la barre de recherche sur Google images. Si la photo a déjà été publiée, vous saurez si elle est utilisée à bon escient ou non. « Il m’est déjà arrivé de partager sans faire attention », reconnaît une jeune participante. L’essentiel, c’est qu’avec nos conseils, cette internaute ne le fasse plus.

Les réseaux sociaux

Il y a ceux qui adorent et en usent (voire en abusent); et ceux qui y sont allergiques et ne veulent pas y toucher. Les participants à la réunion de mardi étaient de la même manière divisés en deux camps, avec, du coup, des interrogations bien différentes.

Les uns et donc surtout les autres ne connaissaient pas nécessairement les réseaux sociaux sur lesquels publient les journalistes de La Voix du Nord. À savoir principalement Facebook (La Voix du Nord rédaction Cambrai), régulièrement Twitter (compte VDN Cambrai-Caudry), très épisodiquement Snapchat (La Voix du Nord)…

Un internaute explique nous suivre via FB: « Je ne suis pas abonné à La Voix, mais ainsi, j’ai accès à l’article qui me convient. Sans payer: il me suffit de regarder une vidéo ».

Des réseaux sociaux, on apprécie la réactivité, l’instantanéité… Mais certains en dénoncent et craignent les excès: « Avant, le réseau social, c’était le café… Aujourd’hui, c’est le grand déballage! ». L’occasion pour la représentante du service Édition (qui met en page les articles du journal et anime les réseaux sociaux) d’évoquer les interventions de modération: « On ne peut laisser sur notre page les propos homophobes, racistes, insultants ou dégradants. Dans le cas contraire, ce pourrait sinon nous être reproché par la justice ». Et chacun de s’accorder: « Chacun est maître du réseau social qu’il utilise »; « Si on y étale sa vie, c’est qu’on le veut bien! »

Les faits divers

Souvent décrié par son aspect souvent dramatique, le fait-divers fait pourtant partis des papiers les plus lus du journal. Il fascine compte tenu de l’environnement qui l’entoure: les pompiers, la police et la justice. Si quelques idées reçues sont tombées mardi soir, la réputation de « la rubrique des chiens écrasés », perdure.

Trois points ont été soulevés: la définition d’un fait divers, les sources et l’identité des personnes impliquées en particulier dans les comptes rendus de tribunal. Pour le premier, notre définition est la suivante: accident, souvent tragique, dans la vie quotidienne (accident de la route, feu de maison, agression, vol…) à différencier des faits de société comme le mouvement des Gilets jaunes, (la comparaison a été faite), et duquel d’ailleurs peut résulter un fait divers (et vice versa). L’exemple tout trouvé: un accident de la route entre une voiture et un bus. Le manque de place sur la voie a rendu le trafic difficile et les deux véhicules se sont heurtés. Le voisinage déplore un manque de signalétique, une question que le report d’un fait divers peut donc soulever donnant alors au drame une dimension qui touche largement la sphère publique. Cette discussion a poussé une dame, lors de la rencontre, mardi, a affirmé « ne pas avoir vu les choses sous cet angle-là. » Concernant les sources, nous avons évoqué le secret des sources dont les journalistes jouissent lorsque celles-ci doivent être protégées. Enfin le non-anonymat lors des audiences de tribunaux a soulevé un autre thème: celui des réseaux sociaux, et les commentaires sans aucun filtre de certains internautes.