Réunion publique à Bondues : des lecteurs exigeants et avertis

La Voix du Nord, le 21 octobre 2019 | 0 commentaire

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Les douze lecteurs présents ce vendredi à 12 h 30 se sont montrés conscients de la mutation de la presse et soucieux de notre santé économique. « Mon plaisir est de finir ma nuit en lisant La Voix du Nord, a confié un Quesnoysien qui fut longtemps Bonduois. Mais mes enfants et petits-enfants ne la lisent pas ». Gabriel d’Harcourt, directeur général délégué, n’a pas caché la difficulté à développer le chiffre d’affaires numérique, malgré une hausse de l’audience. « Les jeunes lisent pas mal La Voix, mais via les réseaux sociaux, parfois sans le savoir », a-t-il noté. « Ça doit vous perturber », a lancé notre lecteur. Certes.

Une fille d’abonné l’a dit tout de go : « Avoir 12 milliards d’articles, ça m’emmerde. J’ai des envies ciblées ». Vieux débat entre la vocation généraliste de la presse régionale et les souhaits d’un lectorat plus jeune. Gabriel d’Harcourt a défendu le premier modèle : « N’avoir que ce qui me plaît et ne rencontrer que des gens d’accord avec moi, c’est aller vers une société où chacun vit dans sa bulle ». Le directeur général a aussi exposé le journalisme utile auquel il croit. Notamment en défendant des causes comme celle du harcèlement scolaire. « Sans polémique, c’est-à-dire ? », a interrogé un lecteur. On retiendra par exemple le dossier de la fracture numérique, mais pas celui de la PMA, traité par ailleurs dans nos colonnes.

Le souhait de lire un titre national et notre quotidien est apparu. Tout comme la demande d’un meilleur suivi des sujets. On nous a encore interrogés sur la manière dont nous hiérarchisons et développons les informations (thème intéressant le plus grand nombre et concernant un territoire donné…), on nous a soupçonnés de vouloir faire le buzz, on a admiré notre promptitude à sortir un supplément après le décès de Jacques Chirac et on a salué nos colporteurs, « des courageux ».